Une image de femmes en luttes

Ces temps je bosse des trucs autour de la commune de Paris,vu du côté des femmes c’est peut-être pour ça qu’en tombant sur cette photo, qui date de 40 ans plus tard, je suis touché… Peut-être à cause de la mauvaise qualité des photos de l’époque, ça laisse encore plus matière à imaginer, à rêver. Quoique rêver.. là c’est pas trop le sujet…

Ce qui me touche le plus dans cette photo ce sont ces femmes qui se donnent la main… ça se passe de commentaires. J’ai recadré:

Ci-dessous un article de la dépêche… C’est bien de savoir que tout ça a existé…  C’était il y a longtemps? Oui et alors?

Le 4 décembre 1909, les ouvrières cessent le travail. Elles sont payées deux fois moins que les hommes. Le lendemain, les hommes rejoignent le mouvement. Malgré quelques petites avancées salariales, la grève générale illimitée est votée à main levée. Le 1er janvier 2010, l’Humanité consacre un long reportage à l’événement. « Les blessures, mains coupées ou écrasées, sont quotidiennes. Et la plupart des travaux s’accomplissent dans l’eau […] Ils pataugent dans des liquides sales et malodorants qui ont baigné dans les peaux de mouton », écrivent les frères Bonneff, chroniqueurs et dénonciateurs infatigables de la condition ouvrière. Détermination des grévistes d’un côté, intransigeance du patronat de l’autre, le conflit s’envenime.

Manifestations, actions coups de poing, incendie d’une usine : l’Etat envoie près de 3 000 soldats et gendarmes. Des affrontements violents auront lieu entre forces de l’ordre et manifestants. La solidarité patronale est immédiate : les grands patrons de Mazamet, où sont dépoilées les peaux avant de partir pour Graulhet, tiennent leur revanche. Quelques mois auparavant, ils avaient cédé aux revendications de leurs salariés. La solidarité de classe est aussi active du côté des ouvriers. Les commerçants font crédit et des « soupes communistes » sont organisées.

Chaque jour, plus de 3 000 personnes sont nourries gratuitement. La municipalité et des syndicats de toute la France apportent aussi un soutien financier aux foyers les plus nécessiteux. « Des familles de mineurs carmausins ou decazevillois se proposèrent d’accueillir les enfants des grévistes graulhétois et les ouvriers verriers d’Albi suivirent leur exemple » rapporte G.Rouyre, dans son ouvrage « Graulhétois d’autrefois ». Privés de salaire, début avril 2010, la grève s’étiole peu à peu. Le 28 avril, la reprise du travail est votée. Quelques jours plus tard, l’ensemble des moutonniers reprend le chemin de l’usine. Ces 5 mois de grève laissent, à beaucoup, un goût amer : de nombreuses revendications sont restées lettre morte. Malgré tout, à l’origine du mouvement, les femmes obtiennent 25 centimes de plus par jour. Quant aux hommes, leur temps de travail connaît une légère réduction. Désormais, les moutonniers ne travailleront plus le samedi après-midi, d’avril à septembre. Concernant les conditions de travail dans l’industrie du cuir, un décret concernant l’hygiène et la sécurité, est signé en août 1 910. Il reconnaît notamment le charbon, maladie infectieuse présente chez les moutons et transmissible à l’être humain, comme maladie professionnelle.

One thought on “Une image de femmes en luttes

  1. Merci de ce partage André ! Ça fait un moment que j’ai envie de creuser le sujet des mégisseries, des conditions de travail, des femmes… et ta feuille me rappelle à cette piste ! Je suis descendante de tanneurs de Haute-Savoie, ça me travaille, notamment pour la manipulation des peaux dans les produits toxiques, le rejet du contenu des cuves dans les rivières… Encore besoin d’un peu de temps pour relier une histoire à l’Histoire.

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